Chères Épouses en Christ,
Cette lettre ouverte s’adresse à celles qui comprendront.
Si vous êtes ici, ce n’est sûrement pas par hasard.
Peut-être que quelque chose en vous a reconnu ces mots : Épouses en Christ.
Peut-être que votre cœur est fatigué. Peut-être qu’il espère encore.
Ma lettre ouverte : se libérer et marcher dans la paix du Christ
Je m’appelle Chloé, j’ai 43 ans.
Je suis née à Haïti, mais j’ai été adoptée à deux mois.
Mon premier souffle de vie était déjà marqué par l’absence de mes parents biologiques, et ce sentiment d’abandon a façonné mes premières blessures.
Être déracinée de ma terre natale, quitter mon pays avant même de le connaître, m’a donné une sensibilité particulière aux séparations, aux pertes et aux relations où le cœur peut se sentir laissé de côté.
Si vous êtes antillaise, si vous avez été déracinée ou que vous portez des blessures liées à l’abandon, vous comprendrez sans doute l’importance de reconnaître ce que ces expériences laissent dans notre âme.
J’ai grandi avec cette dualité : la gratitude d’avoir été adoptée, mais aussi l’écho de ce vide, cette blessure première que rien ne semblait combler.
Cette première blessure, celle de l’abandon, a influencé mes relations, mes choix et même ma manière d’aimer.
Elle a créé un mécanisme en moi : celui de me sacrifier pour être aimée, pour ne jamais revivre l’angoisse d’un rejet, d’un manque d’attention ou de reconnaissance.
Et croyez-moi, mes chères sœurs, ce mécanisme nous pousse parfois à des chemins douloureux, même lorsque notre cœur est sincèrement tourné vers Dieu.
Je me suis mariée à 20 ans, pleine de foi, pleine d’élan, pleine de confiance.
J’ai cru épouser un homme chrétien. Je l’ai cru sincèrement.
Avec le recul, je comprends aujourd’hui que je ne savais pas encore discerner les fruits.
Je connaissais Dieu, mais je connaissais mal sa Parole.
J’avais la foi, mais pas la maturité spirituelle pour sonder les cœurs avec l’Esprit Saint.
J’ai vécu un mariage qui, avec le temps, n’honorait pas Dieu.
Un mariage dans lequel je me suis beaucoup sacrifiée, pensant bien faire.
Pensant être une “bonne épouse”.
Pensant que souffrir était parfois le prix à payer pour rester fidèle.
Pendant dix-sept années, j’ai tenu.
J’ai prié.
J’ai espéré.
J’ai supporté.
Et pourtant, même dans ces années de souffrance, Dieu ne m’a jamais abandonnée.
Il m’a bénie, malgré mes choix faits avec une connaissance imparfaite.
Il m’a donné une famille.
Et surtout, Il m’a confié deux miracles : mes fils.
Ils sont la preuve vivante que Dieu bénit encore, même quand nos décisions sont prises par naïveté, jeunesse ou manque de discernement.
La grâce de Dieu ne s’arrête pas à nos erreurs.
À 37 ans, j’ai traversé l’épreuve du divorce.
La douleur.
Le sentiment d’échec.
La culpabilité.
La honte parfois, même silencieuse.
Mais là encore, Dieu a aplani mon sentier.
Il a ouvert un chemin que je n’aurais jamais osé imaginer seule.
Il m’a conduite vers une guérison profonde : émotionnelle, oui… mais surtout spirituelle.
J’ai appris que nos blessures passées, qu’elles soient subies ou « choisies« , ne doivent pas nous définir.
Que la blessure de l’abandon, celle que j’ai portée depuis ma naissance, ne me condamne pas.
Que mes erreurs, mes sacrifices mal orientés, ne sont pas une marque d’échec, mais des étapes sur le chemin de ma transformation.
J’ai été transformée.
J’ai appris le pardon.
Le pardon envers moi-même.
Le pardon envers mon ex-mari.
Cette transformation ne s’est pas faite du jour au lendemain.
Elle a été le fruit de prières, de supplications, de lectures de la Parole, de méditations profondes et de réflexions honnêtes sur ma vie.
Elle a été possible parce que j’ai reconnu mes blessures et leur origine.
Certaines venaient de mes choix, et d’autres m’avaient été infligées :
- le sentiment d’abandon dès ma naissance
- le déracinement et la nostalgie inconsciente de ma terre natale
- les blessures relationnelles accumulées au fil des années
- les déceptions et les trahisons qui ont laissé des cicatrices
J’ai appris que nous pouvons être victimes sans être condamnées, que nous pouvons avoir commis des erreurs sans que notre valeur soit altérée.
Christ a payé le prix pour nous libérer des deux : des blessures subies et des erreurs commises.
Nous sommes donc appelées à nous libérer de la culpabilité et à marcher dans Sa paix.
Aujourd’hui, je peux écrire ces lignes avec un cœur rempli de paix et de joie.
Je vis cette saison particulière que j’appelle l’attente joyeuse.
Cette saison d’épouse en devenir, où Dieu continue de façonner le cœur, sans précipitation, sans pression.
Si j’ai créé Épouses en Christ, ce n’est pas pour encourager le divorce.
Ce n’est pas pour banaliser la souffrance.
Et ce n’est certainement pas pour juger.
Ce lieu existe pour celles qui, comme moi, ont aimé Dieu sincèrement, mais sans toujours savoir discerner.
Pour celles qui ont fait confiance trop vite.
Pour celles qui ont confondu foi et naïveté.
Pour celles qui se sont engagées sans sonder pleinement l’Esprit Saint.
Ici, nous parlons le même langage.
Celui des femmes qui veulent marcher avec Dieu, mais qui ont été blessées en chemin.
Celui de la vérité, sans condamnation.
Celui de la grâce, sans compromis.
Épouses en Christ est un espace de bienveillance, de réconfort, de soutien et de révélation.
Un lieu pour déposer ce qui pèse.
Un lieu pour guérir.
Un lieu pour apprendre à discerner autrement.
Un lieu pour avancer avec Christ, pas à pas.
Si vous êtes divorcée, veuve ou célibataire, vous êtes à votre place ici.
Vous n’êtes pas en retard.
Vous n’êtes pas brisée.
Et vous n’êtes certainement pas oubliée de Dieu.
Je souhaite vous dire ceci : vos blessures ne sont pas une fin, elles sont le début de quelque chose de nouveau.
Votre passé, vos abandons, vos déceptions, vos erreurs… tout peut être transformé par le Seigneur.
Même les blessures que vous portez depuis votre enfance peuvent devenir un témoignage de sa puissance et de sa fidélité.
Et si vous vous sentez déracinée, seule ou différente, rappelez-vous que vous n’êtes pas oubliée, même dans ce que vous pensez être vos faiblesses.
Chaque épreuve, chaque abandon, chaque sacrifice mal compris peut devenir un tremplin vers la sagesse, la maturité et la paix.
Chères sœurs, avancer dans cette liberté nécessite du courage, de la patience et de la foi.
Cela demande de reconnaître ce que nous avons subi, de prendre conscience de nos erreurs, et de laisser Christ payer le prix de tout ce fardeau.
C’est lui qui transforme nos blessures en force, nos larmes en témoignages et notre attente en saison bénie.
Bienvenue, chères Épouses en Christ.
Marchons ensemble, avec douceur et vérité.
Marchons avec Christ, en laissant derrière nous la culpabilité et les chaînes du passé.
Marchons dans l’espérance, dans la guérison et dans l’attente joyeuse de ce que Dieu prépare pour nos vies.
Si ces mots ont résonné dans votre cœur, si vous vous reconnaissez dans ce parcours, alors sachez que ce chemin ne s’arrête pas ici.
J’ai écrit d’autres lettres pour vous accompagner plus loin, pas à pas, dans la guérison du cœur et la reconstruction émotionnelle.
Cette série est née de mon propre cheminement avec Dieu, de mes blessures, de mes prises de conscience et de la restauration que j’ai vécue.
Je vous invite à découvrir la série “reconstruction émotionnelle”, pour continuer ensemble ce chemin de vérité, de guérison et d’espérance, toujours guidées par la Parole de Dieu.
Prenez votre temps, lisez à votre rythme… Dieu travaille dans la douceur.
Épouses en Christ, vous êtes bénies.
Bien à vous,
Chloé

